12-9-2026-Afrique Univers La crise foncière portant sur une superficie de 72 hectares dans le village Quatre Croix dans la commune d’Anyama, opposant l’entreprise Estp au patron de Sophia SA, est loin de prendre fin.
Touré Ahmed Bouah, accusé par son partenaire d’avoir fait du faux en lui présentant une ACD portant sur un domaine de plus de 300 hectares, est sorti de ses gonds. Lors d’une conférence de presse qu’il a animée, mercredi 09 septembre 2026, l’opérateur économique a dénoncé l’attitude de Soumahoro Mory, en faisant le choix du tapage médiatique, alors que les clauses du contrat prévoient des voies de recours.
« Vous savez que je n'ai pas l’habitude de prendre la parole. Mais la situation demande que je le fasse pour éclairer la lanterne. Voici le mandat que lui et moi avons signé. Dans ce mandat, il est dit qu'en cas de problème entre nous deux, c'est au Tribunal du commerce d'Abidjan que cela doit se régler. Mais lui, c'est une conférence de presse qu'il s'en va faire », a déploré Touré Ahmed Bouah, qui était assisté à cette occasion par le chef du village de Quatre-Croix.
Répondant aux accusations portées par son partenaire, Touré Ahmed Bouah a fait savoir, documents à l’appui, que celui-ci est hors sujet. Selon lui, en effet, Soumahoro Mory a travaillé en dehors du cadre légal que lui conférait le mandat. En clair, plutôt que d’exploiter les 300 hectares sur les 629 dont il dispose dans le village, ce dernier s’est permis d’exploiter une superficie étrangère à son patrimoine. Le conférencier a estimé qu’il ne pouvait pas associer son image à cette fortraiture. Toutes les interpellations pour inviter M. Soumahoro à quitter le site, qui ne fait pas partie de sa parcelle, sont restées platoniques.
« Moi-même qui vous parle, voici la lettre que j'ai adressée à Monsieur Soumahoro, par voie d'huissier. Je lui ai proposé qu'il revienne sur le site qu'on lui a confié pour qu'il puisse prendre en compte les limites réelles. Mais, il dit qu'il ne bouge pas », s’est-il désolé.
Selon ses explications, l’entreprise dispose d’une assiette foncière de 629 hectares, obtenue auprès de l’État de Côte d’Ivoire, après la révision de l’emprise initiale du projet. À l’intérieur de cette superficie, 300 hectares ont été confiés à Soumahoro Mory et à sa société ESTP, dans le cadre d’un mandat d’achèvement et de lotissement. C’est précisément sur la localisation de cette emprise que porte désormais l’essentiel du désaccord.
Pour tenter de trancher cette question, Sophia a sollicité un géomètre-expert agréé auprès des tribunaux. Sa mission consistait à localiser les 300 hectares confiés à ESTP, identifier la zone aménagée par l’entreprise et vérifier la conformité des travaux avec les limites du mandat.
Touré Ahmed Bouah explique que les relevés topographiques, les investigations foncières et les documents administratifs examinés ont permis de géo référencer les différentes emprises. Il a conclu en réaffirmant que le travail pour lequel il a donné mandat au patron de l’entreprise ESTP n’a pas été réalisé par ce dernier, selon le rapport d’expertise.
Ange Kouamé