5-4-2026-Les navires-usines chinois au ban des accusés dans les eaux maritimes bissau-guinéennes. Ils sont accusés de pêche illégale, à l'origine de l'assèchement des ressources halieutiques locales. Officiellement présentés comme des navires de transport, ces cargos transforment discrètement des tonnes de poissons en mer. Une opération qui fragilise toute l'économe de la région côtière du pays.
Selon une enquête du Guardian et de DeSmog publiée, le 8 mars dernier, de nombreux navires chinois restés ancrés pendant des mois au large des îles Bijagos, en Guinée-Bissau, ont transformé des sardinelles en farine et en huile de poisson destinées à l'export.
L'enquête révèle également des transbordements en mer, des systèmes de localisation coupés pour éviter les contrôles. A la clef, une pêche intensive de petits pélagiques. Ce système opaque s'appuie sur des flottes de pêche, notamment turques, qui opèrent régulièrement en dehors des règles et qui déploient toute une chaîne parallèle, loin des regards des autorités compétentes.
Au-delà de l'impact environnemental, cette pratique est lourde de conséquences pour les populations locales qui les subissent de plein fouet. Tandis que les stocks de poissons diminuent, les prix connaissent des augmentations considérables. Pendant ce tempes, les pêcheurs ont vu leurs prises se raréfier, leurs revenus chuter et leur sécurité alimentaire être menacée.
pour freiner cette hémorragie économique, les autorités ont entrepris des actions concrètes. Elles ont décrété une interdiction de l'activité des navires-usines chinois, sans toutefois accompagner cette décision salutaire par de véritables moyens de contrôle en mer.
Ange Dominique Pokpa