24-3-2026-‘’El Maestro’’, tel était le surnom par lequel ses fans et de nombreux férus de musique appelaient affectueusement Boncana Maïga est décédé le 28 février 2026 chez lui à Bamako. Artisan de l’aventure inédite de l’orchestre panafricain Africando avec le producteur sénégalais Ibrahim Sylla, le flûtiste, arrangeur et chef d’orchestre a aidé à l’éclosion et au rayonnement de la musique contemporaine et a marqué plusieurs générations d’artistes.
L’aventure musicale avec Africando prend une dimension spectaculaire, le 16 juin 2001, au Zénith de Paris, lors d’un concert présenté par le talentueux Claudy Siar. Ce jour-là, la scène a enregistré des invités de prestige dont Koffi Olomidé, Lokoua Kanza, Bailly Spinto et bien d’autres venus en soutien aux vedettes du groupe.
Avec le producteur sénégalais feu Ibrahima Sylla, fondateur du label Syllart, Boncana Maïga envisage de faire résonner la Salsa cubaine avec les grandes voix du continent. A la clef, un enchaînement d’albums et de tournées voit défiler au fil des ans des figures majeures comme le Béninois Gnonnas Pedro, le Burkinabè Amadou Balaké, le Sénégalais Medoune Diallo ou le Guinéen Sékouba Bambino.
La culture musicale de ‘’El Maestro’’ Boncana Maïga remonte au début des années 1960 dans son pays natal, le Mali nouvellement indépendant qui envoie plusieurs jeunes musiciens étudier à La Havane à Cuba. Parmi eux, Boncana Maïga. Sur place, il fonde avec d’autres étudiants le groupe Las Maravillas de Mali, un combo qui mêle rythmes afro-cubains et plusieurs langues, du bambara à l’espagnol.
En 1968, après le coup d’Etat militaire qui renverse le régime socialiste du président Modibo Kéita, l’aventure cubaine s’interrompt brutalement et les étudiants sont rappelés au pays. Boncana Maïga poursuit alors sa carrière en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire, où il dirigera l’orchestre de la Radiotélévision ivoirienne et deviendra un arrangeur très demandé.
Avec Africando, Boncana Maïga aura finalement refermé le cercle ouvert à La Havane dans les années 1960, passant sa vie à faire danser les deux rives de l’Atlantique.
Ange Dominique Pokpa