15-5-2026-Le 6 mai dernier, la cour d’appel de Paris a annulé le non-lieu dont avait bénéficié Agathe Habyarimana, veuve de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, dans l’enquête sur son éventuelle implication dans le génocide des Tutsis perpétré au Rwanda en 1994.
La cour d’appel de Paris n’a pas retenu toutes les demandes des parties civiles. Elle a refusé notamment, à ce stade, de mettre en examen Agathe Habyarimana, mais demande aux juges de poursuivre les investigations : demander à la justice rwandaise de transmettre les procès-verbaux d’auditions de certains témoins déjà entendus dans d’autres procédures menées contre l’ancienne Première dame.
Elle préconise aussi d’entendre de nouveaux témoins, comme Dieudonné Niyitegeka, ancien responsable des milices Interahamwe aujourd’hui réfugié au Canada, et jamais poursuivi. Selon les juges, il pourrait détenir des informations sur le rôle d’Agathe Habyarimana auprès des Interahamwe, ces milices auteures de nombreux massacres de masse durant le génocide, ainsi que sur son éventuelle influence auprès d’eux.
Les magistrats demandent également des vérifications aux Etats-Unis autour d’une lettre qu’Agathe Habyarimana aurait adressée en 1994 au président américain Bill Clinton. Ce document, évoqué dans une note diplomatique du 25 mai 1994, pourrait, selon la cour, éclairer le niveau d’influence politique de l’ancienne Première dame pendant le génocide.
Abdoul Kader Soumahoro