29-4-2026-Plus aucun obstacle ne semble se dresser contre la volonté du Premier ministre Ousmane Sonko de briguer la magistrature suprême au Sénégal. Dominée par le PASTEF, son parti au pouvoir, l’Assemblée Nationale a adopté, le mardi 28 avril 2026, une modification de deux articles du code électoral sénégalais. Il s’agit des articles L.29 et L30.
Désormais, seules les infractions graves listées dans l'article L.29 - corruption, détournements de fonds, blanchiment de capitaux - provoquent l'inéligibilité. L’article L.30 qui excluait automatiquement toute personne condamnée à une amende supérieure à 200 000 francs CFA, est abrogé.
En retirant les délits d’opinion comme la diffamation ou la diffusion de fausses nouvelles de la liste des condamnations susceptibles de rendre une personne inéligible, les défenseurs de la réforme estiment que cette nouvelle loi veut éviter les abus du passé : évincer un candidat pour des raisons politiques.
Applaudie par les députés du PASTEF, cette loi est rejetée par ceux de l’opposition qui dénoncent plutôt une loi ‘’taillée sur mesure’’ pour garantir la possibilité à Ousmane Sonko, président du parti au pouvoir, d’être candidat à la présidentielle en 2029. Le Premier ministre est le plus grand bénéficiaire du principe de rétroactivité, d’autant plus qu’il a vu sa condamnation pour diffamation confirmée par la Cour suprême en juillet 2025.
La rétroactivité, soutient l’opposition, viole le principe de l’autorité de la chose jugée, une décision de justice déjà rendue.
Abdoul Kader Soumahoro